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Culture Clown n°8

Septembre 2004

Clown et création

  • SOMMAIRE

    Septembre 2004

    Clown et création

    SOMMAIRE N°8

    Édito : Créatures et créations... (J.B. Bonange)

    Repères

    • L’Art du clown. Interview d’Alain Gautré. (O. Grippon)
    • L’impossible création clown. (B. Sylvander)

    Rencontres

    • Clowne post-féministe. Interview de Laura Herts. (M. Andréoletti)
    • Slava toujours ? Interview de Slava Polunin. (A. Bourgeois)
    • Les dessous d’une clowne. Interview de Laurence Vigné. (M. andréoletti)
    • Cultiver une certaine inconscience. Interview Nikolaus et Ivika Meister. (O. Grippon)
    • Serviteurs du clown. Entretien avec la Cie Voyageur Debout. (B. Forêt)
    • Chacune sa route. Interview Hélène Gustin et Pina Blankevoort. (S. Wasniewski)

    Regards

    • Regards sur des créations : Cie Bai Teatro, "Ma clowne est morte - vive ma clowne", Gardi Hutter ; Pourquoi tant de haine ?", Ludor Citrik.

    Interculturel

    • Au sources du mythe. Interview Hugues Roche des Matapeste. (B. Forêt)
  • Edito

    Le lieu du spectacle n’est qu’un cas particulier parmi les différents lieux du clown. Ce point de vue fonde notre revue comme tribune des multiples pratiques de clown. Après avoir donné la parole (dans le numéro précédent) aux intervenants-clowns, ces aventuriers de la création in situ qui investissent les assemblées, les institutions de soins et autres lieux sociaux, nous accueillons ici les créateurs de spectacles clowns. Et, encore une fois, notre sommaire constitue un carrefour unique. Ils viennent de France, des USA, de Russie, de Suisse, d’Espagne, du Mexique… Ils sont passés par le théâtre, le cirque, le mime, la rue ou les stages de clown… Et ils se produisent en solo ou en duo, dans les grands circuits culturels ou sur les petites scènes émergeantes. Nous voici donc avec le projet d’entrer dans la boîte noire de la création, tentant de décrypter le chemin mystérieux parcouru par des artistes venant se produire sur scène - en tant que clowns - devant un public à qui ils ont donné rendez-vous. Même si les voies de la création sont impénétrables… ils ont accepté de partager leur artisanat singulier. Leurs expériences et leurs points de vue divergent, et c’est là tout l’intérêt de notre questionnement sur la spécificité du processus de création et du spectacle clown. Chacun a ses réponses et trouve ses passages entre improvisation, écriture, répétition, contrôle et lâcher-prise… A chacun sa méthode d’accouchement !

    L’origine de la création en clown se situe inévitablement dans l’avènement d’un personnage de clown porté par l’acteur. Disons que la création commence par une fécondation et une gestation, d’où notre choix d’illustration en couverture… Et cette créature, loin de se soumettre aux désirs de l’acteur, tend à s’imposer à lui. En effet, chaque clown naît profondément d’une personne singulière qui se doit d’en assumer la fiction. Le comédien travaille, le clown vit et, à cet égard, exige du respect (comme tout personnage d’ailleurs). Mais la façon de vivre propre au clown risque de poser de gros problèmes à son créateur ! Etant par nature en conscience aiguë de la réalité du monde, comment le clown peut-il se soumettre aux artifices de la mise en scène… si ce n’est en jouant avec ? Etant par nature prompte à saisir l’événement surgissant, comment peut-il dérouler une partition établie… si ce n’est en restant disponible à l’improvisation ? Et pourtant, venir au centre de la scène, c’est être porteur d’une fable inscrite dans un langage, incarnée dans une forme aboutie. Mais alors, comment ne pas enfermer le clown dans les pièges du numéro ou de la convention théâtrale ? L’imprévisibilité et l’étonnement propres au clown, sa relation directe avec le public, son goût immodéré pour le jeu - à la vie, à la mort - et pour le jeu de la vérité… rendent complexe sa mise en scène !

    Par son étrangeté familière et comique, par sa dimension poétique/politique si particulière, par son regard révélateur, à la fois complice et dérangeant, le clown occupe une place spécifique sur la scène contemporaine. Les structures culturelles s’ouvrent enfin à la création clowne, en particulier grâce à la multiplication des festivals qui lui sont dédiés. Aux pro-créateurs de clowns de relever le défi !


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  • Repères

  • L’Art du clown

    Faire un travail d’auteur

    interview d’Alain Gautré par Odile Grippon

    Alain Gautré fut élève puis professeur à l’école Jacques Lecoq. Il a mené ensuite une carrière d’acteur, de metteur en scène, d’auteur de romans et de pièces qu’il a écrit, notamment, pour Le Chapeau Rouge, compagnie qu’il a co-fondée. Alain Gautré, auteur, clown, marionnettiste, comédien, etc. dirige désormais la Cie Tutti Troppo dont il est metteur en scène. Très attaché au travail tournant autour du clown, il a mis en scène un certain nombre de spectacles de ce type, parmi lesquels on peut citer Elen Kvist et Folie à deux (Expressteatern, Suède), Whatever the weather (Cie Brouhaha, Grande Bretagne), ou Général Probe (Cie Saf-Sap, Autriche). "Quand on commence à expliquer vraiment comment ça fonctionne, les gens sont sidérés, même les acteurs, les professionnels : le clown, c’est vraiment à part ; ça demande une précision absolue, dix fois plus que dans un travail théâtral." Alain Gautré.

    Rencontre téléphonique avec un passionné du clown, de la scène et de l’écriture, ou de l’écriture du clown en scène…
    Première question, et c’est parti !


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  • L’impossible création clown

    Oser le paradoxe

    par Bertil Sylvander

    Germain Crémer dans "La Débacle"
    Bertil Sylvander -clownanalyste et formateur au Bataclown -propose ici quelques repères pour oser affronter le paradoxe incontournable de la création de spectacles de clown : de part sa nature profonde, le clown est en même temps dans la réalité et dans la fiction, et l’acteur en improvisation. Comment mettre en scène des improvisations ?

    B.Sylvander a mis en scène "Avec Plaisir" (Cie Les Karamazones), "La débâcle" (Cie Nez au vent), "La papillonne" (Cie Clown toi même) et "Un cheveu dans la soupe" (Cie Rouge Pif Théâtre).


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  • Rencontres

  • Clowne post-féministe…

    Comme des ondes « Herts »iennes…

    Interview de Laura Herts par Myriam Andréoletti

    Laura Herts
    Impressionnante la Nana ! Elle se jette à l’eau avec… allégresse ! Laura Herts (ça rime ? non ?) s’est lancée dans le clown, très jeune, côté rue. "J’avais envie de voyager, de visiter l’Europe. Je faisais des spectacles de rue pour payer mon voyage. Et petit à petit ça a grandi en moi.. A force de voir que c’était quelque chose que je faisais avec beaucoup de plaisir, que ça devenait mon obsession principale : j’ai décidé d’apprendre…" Avec son bel accent américain, elle se lance avec spontanéité dans le récit de son parcours : Paris l’école Jacques Lecoq, puis Philippe Gaulier, Bruxelles et l’école Saïdi Lassaad. Aujourd’hui elle tourne dans le monde entier, de salles en salles, parfois encore en rue : Festival Internacional de Pallasses en Andorre1, Roso da Terra au Brésil, Théâtre Tuearkhangelsk en Russie… et en France bien sûr, où elle vit aujourd’hui. Ses spectacles ? Electric Lazy Land, Won Woman Show et le p’tit dernier - création printemps 2004 - Shooting Stars. Des noms américains oui ! car… "ça sonne mieux dans mon cœur !" dit-elle en riant.

    J’ai pu voir deux de ses spectacles dans un festival, découvrir une clowne pleine d’énergie, d’une très brillante gestuelle, aimant s’amuser avec les costumes, avec l’outrance et la fantaisie chères à Django Edwards, une de ses références clownesque avec… Slava Poulounin. "J’aime ces deux extrêmes. Ils sont complémentaires. J’aimerais avoir les deux en clown : la poésie, la subtilité, la lenteur de Slava, et la folie de Django."
    Alors ? Comment crée-t-elle ? Ses trois dernières créations comment les a-t-elle imaginées ? Quelle écriture, quelle mise-en-scène, quelle forme ?


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  • Slava toujours ?

    Créateur d’atmosphères

    Entretiens avec Slava Polunin par Agnès Bourgeois

    Agnès Bourgeois a rencontré à plusieurs reprises Slava Polunin, le clown russe dont le spectacle Slava’s Snowshow connaît un succès international. Nous avons publié une première partie de leurs entretiens dans le Bouillon de Clown N°7, autour de son chemin singulier vers le clown moderne. Cette suite est centrée sur sa conception du spectacle clown et sa façon de créer. "Mes spectacles ont du succès parce que je ne les joue pas, je les vis" dit-il. Slava bouscule volontiers les approches laborieuses de la création en privilégiant le côté festif. Slava est un poète, un amoureux du public, un créateur d’atmosphères. Il pense avec les pieds et déplace les montagnes avec le nez. Il cherche les mythes de l’humain dans les objets les plus simples. Il invite à une culture alternative porteuse de sens. Voici un courant d’air revigorant venu de l’est.
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  • Les dessous d’une clowne

    Elle va encore se faire remarquer…

    Interview de Laurence Vignié par Myriam Andréoletti

    Laurence Vigné dans “Je vais encore me faire remarquer”
    Elle aurait dû se méfier !… On l’avait prévenue dès son plus jeune âge : elle était une "nature"… et ça lui colle encore à la peau ! Elle adore s’amuser, déborde d’énergie, aime faire rire et ça marche ! "Je vais encore me faire remarquer" le dernier spectacle de Laurence Vignié est boosté à la vitamine C, et quand à la fin du spectacle sonne l’heure du strip-tease, il ne nous reste plus qu’à se déplier de rire ! Je ne vais pas vous raconter cette dernière scène : allez la voir ! Grandiose ! "Un jour, mon prof de théâtre, Luc Faugères m’a dit : "Toi, t’es clowne ; mais attention c’est un métier." Je ne sais pas si c’est parce qu’il m’a dit ça que je n’ai pas fait du clown pendant dix ans… Mais c’était resté dans ma tête". Après le conservatoire de Montpellier et la rencontre avec Philippe Hottier, son avenir était scellé : de toute façon sur une scène, et mieux encore sur une piste. Personnage clownesque, échevelée, pétillante, elle crée elle-même ses numéros.

    Il nous a suffit d’une Place de la Comédie (ça ne s’invente pas !), au cœur de Montpellier, d’une table, deux chaises, deux panachés et la voilà qui se livre avec enthousiasme, nous laissant découvrir l’arrière-boutique de ses créations…


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  • Cultiver une certaine inconscience…

    Entrée des artisans : « Les Kunz »

    Nikolaus et Ivika Meister dans "les kunz"

    Interview de Nikolaus et Ivika Meister-Cie Pré-o-coupé- par Odile Grippon

    Après s’être illustré chez Archaos et au Cirque Baroque, le "clown-jongleur" Nikolaus Maria Holz crée des spectacles (Parfois j’ai des problèmes partout, Le Monde de l’extérieur, Arbeit, Hinz et Kunz) et signe des mises en scène (dont Franz de Mme Françoise des Nouveaux Nez). En 2003, avec la comédienne-mime Ivika Meister et le musicien Olivier Manoury, ils créent Les Kunz, cabaret poétique où trois excentriques s’exhibent comme phénomènes de foire. Les deux acteurs-auteurs de ce spectacle évoquent pour nous leur chemin de création qui passe par l’improvisation et l’écriture, et s’inscrit dans le corps et la rencontre du public.
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  • Serviteurs du clown

    De la rue à la scène

    Entretien avec Jean-Luc Bosc et Marie-Emilie Nayrand -Cie Le Voyageur Debout- par Béatrice Forêt

    Félix (Jean-Luc Bosc) et Filomène (Marie-Emilie Nayrand) dans “les petites insomnies de Filomène”
    Coup de cœur pour la délicieuse Filomène et le délicat Félix… Ces deux Voyageurs-là ont envoûté les spectateurs du premier Festival Clown de Cannes-et-Clairan*, dans le Gard. Les revoici en Avignon cet été, avec " Les Petites Insomnies de Filomène ", interprété par Jean-Luc Bosc et Marie-Emilie Nayrand. A la lumière de ce spectacle, tous deux réfléchissent sur le processus de création qu’ils mettent en œuvre. Le Voyageur Debout est une compagnie de la région lyonnaise qui a créé depuis 1996 une dizaine de spectacles de théâtre dont certains mettent en scène des personnages de clowns. Histoire d’une création, histoire d’une vision et d’une incarnation du clown.
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  • Chacune sa route !

    Colette Gomette et Frida en scène

    Colette Gomette (Hélène Gustin) et Frida (Pina Blanckvoort)

    Interview de Hélène Gustin (colette Gomette) et Pina Blanckvoort (Frida) par Sylvie Wasniewski

    Pina Blanckvoort et Hélène Gustin faisaient toutes deux partie du trio clownesque Agitex, puis leur chemins professionnels se sont séparés. Elles ont en commun une pratique de clown à l’hôpital, d’animation et d’avoir créé chacune leur spectacle. Il me semblait intéressant de mettre en parallèle leurs points de vue sur la création en clown, en partant de leur parti pris différent par rapport au personnage : Frida (Pina) n’a pas de nez rouge, parle beaucoup, joue seule, vit dans le monde réel, a un costume caricatural de dame patronnesse… Colette Gomette (Hélène) a le nez rouge, articule trois mots maximum, joue avec un partenaire comédien, débarque dans notre monde, a un costume de lutin plus ou moins androgyne… Différences et points communs, peut-être, mais sans aucun doute une grande passion pour le clown, chez toutes deux !
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  • Colette Gomette (Hélène Gustin) et Frida (Pina Blanckvoort)

  • Regards sur des Créations

    Dans ce chapitre, nous publions différents regards sur les enjeux de la création en clown. Points de vue d’un metteur en scène (Ramon Albistur), d’une comédienne (Béatrice Forêt) et de spectateurs “avertis” (Jean-Bernard Bonange, Michel Terral, Sylvie Wasniewski). Voici de quoi stimuler nos appétits d’acteurs clowns et de spectateurs !

    Retour sur un parcours Ramon Albistur, metteur en scène
    « Will you miss me ? » de la Cie BAI Teatro d’Irun
    Ma clowne est morte – vive ma clowne ! Béatrice Forêt, actrice clowne
    Mutation d’un personnage de clowne

    La création (de spectacle clown) bien ordonnée commencerait-elle par soi-clown-même ?...
    Peut-être, mais en ce qui me concerne cela vient de passer par une drôle de crise existentielle clowne…

    Inspirée mais enfermée Jean-Bernard Bonange
    Gardi Hütter dans « la souffleuse »
    Pourquoi tant de haine ?! Sylvie Wasniewski
    L’acide Ludor Citrik… Michel Terral


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  • Interculturel

  • Aux sources du mythe

    Un Don Juan Franco-Mexicain

    Entretien avec Hugues Roche (Les Matapeste) par Béatrice Forêt

    Co-fondateur avec Francis Lebarbier (alias Charles Matapeste) de la compagnie Matapeste, Hugues Roche (alias Félix Matapeste) travaille actuellement sur la mise en scène de Don Juan Matapeste, une oeuvre franco-mexicaine. Créée sur scène au Mexique en novembre 2003, la pièce a fait l’objet d’un premier travail d’adaptation pour le public français en mars-avril 2004. Sa version définitive sera présentée en France au printemps 2005. Genèse d’une création interculturelle.
    Hugues Roche au Très Grand Conseil Mondial des Clowns
    Charles Matapeste (Francis Lebarbier) dans "Don Juan"

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