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Culture Clown n°21

Février 2014

Le clown,
ferment de transformation

  • Sommaire n°21

    Février 2014

    Le clown, ferment de transformation

    SOMMAIRE n°21

    Édito : Des ferments actifs dans le pétrin du social Jean-Bernard BONANGE

    Ouverture

    • Le Clown et le changement social. Clown, ferment ou reflet ? Ou les deux ? par Bertil SYLVANDER

    1. Clowns en intervention sociale

    INTERVENTIONS EN PRISON

    • Le clown, l’enfant et le parent détenu par Anissa BENCHELAH
    • "Surtout tu attends 10 minutes après l’arrivée des pères et ensuite tu fais ton entrée…" par Emmanuel GALLAUD

    INTERVENTIONS À L’HÔPITAL

    • Salut, je m’appelle Bijou… je peux entrer ? par Adeline TAILLANDIER
    • Réveiller les ferments de transformation par Catherine VANANDRUEL

    INTERVENTIONS EN ÉTABLISSEMENTS POUR PERSONNES ÂGÉES

    • Le clown à la rencontre du vieil âge. Trouver la fenêtre sensorielle et émotionnelle la plus adéquate par Mélissa HOLLAND, Olivier-Hugues TERREAULT, Florence VINIT
    • Du lien et un petit brin de folie. Rencontre avec Denise STRUBEL Service Gérontologie CHU par Myriam ANDREOLETTI

    INTERVENTIONS EN FORMATION DE TRAVAILLEURS SOCIAUX

    • Le clown, une invitation à sortir des sentiers balisés.
      Prendre le risque de l’humanité par Odile GRIPPON
      Comment trouver de la légèreté par Christian HAY

    2. Ateliers clown tous-terrains

    AVEC DES PERSONNES EN SITUATION DE HANDICAP MENTAL

    • Clownenroute, un carrefour de rencontres
      Dossier réalisé par Jean-Bernard BONANGE et Béatrice FORET
      Le dispositif Clownenroute. Changer le regard sur l’autre par l’équipe de Clownenroute
      De l’inattendu dans leur parcours de vie Interview de Guilhem JULIEN
      Activateurs de transformation Le point de vue des partenaires

    ATELIER EN HÔPITAL DE JOUR

    • Une herbe discrète dans le mur de l’institution par Myriam ANDREOLETTI

    ATELIER EN ACTION D’INSERTION

    • Le clown, un ferment à notre insu par Marie-Claude THEODAS

    ATELIER EN ITEP PRO

    • Une médiation vivante pour naître à soi. Clown-théâtre et troubles du comportement par Hervé LUNEL et Thibault VERGER
  • Edito

    Comme l’écrivent Stéphane Hessel et Edgar Morin*, "maintenant, nos sociétés doivent choisir : la métamorphose ou la mort". Assurément, elles connaissent une crise majeure - économique, écologique, sociale, démocratique - qui interpelle inévitablement le monde de la culture, de la création artistique… et du clown**. Or, en ces temps où s’accentuent les inégalités et les exclusions, nous assistons à un développement sans précédent des initiatives sociales mettant en jeu des pratiques de "clown contemporain".
    L’essor de ce personnage est sans doute en rapport avec l’évolution de notre société, mais en est-il seulement le reflet ou l’un des principes actifs ? En ouverture de ce numéro, Bertil Sylvander nous invite à une lecture sociologique de la question.
    Nos lecteurs le savent, le clown qui symbolise à la fois la fragilité et la liberté, s’est affirmé comme un vrai stimulant du vivre ensemble. Plus encore, sautant de bon cœur dans le "pétrin du social", en immersion et distanciation, ne devient-il pas un ferment de transformation plutôt qu’un amusant colorant ? Ce 21ème numéro de Culture clown en témoigne avec force dans deux registres de pratiques.

    Nous cheminerons d’abord avec des acteurs-clowns pratiquant l’intervention sociale et n’hésitant pas à investir des "lieux de vie" qui sont aussi des lieux de souffrance (prisons, hôpitaux, établissements pour personnes âgées… en France, en Belgique, au Québec).
    Et en complément aux témoignages des intervenants eux-mêmes, nous avons donné la parole à ceux qui font appel aux clowns pour avoir leurs points de vue sur ces pratiques de dévoilement et de mise en danse des institutions.
    Nous suivrons ensuite des animateurs d’ateliers clown qui ouvrent de nouveaux espaces de jeu et d’expression artistique avec des personnes des secteurs du handicap mental, de la psychiatrie, de l’insertion, de l’éducation ou de la formation. La pratique du clown y est reconnue comme expérience créative et personnelle originale, le "jeu du je", mais elle est aussi un "jeu du nous" et un activateur du lien social. Plus largement, nous voulions savoir si ces ateliers de clown-théâtre avaient des effets sur les institutions… Et, en effet, ils ont souvent tendance à bousculer les cloisonnements et les routines !

    Plusieurs métaphores sont apparues au fil de tous ces témoignages : herbe dans les fissures, ferment, germe, enzyme, catalyseur… le clown s’y décline comme un agent de transformation, subtil mais puissant ! Car, comme l’écrit Marc Guiraud, "Toute situation sociale est une scène où se représentent des enjeux tissés ensemble. Il n’y manque, trop souvent, qu’une certaine qualité de regard pour qu’elle apparaisse comme telle."*** C’est justement par la qualité de son regard, ajusté et décalé, et de sa présence, sensible et émouvante, que le clown invite au changement de regard sur soi, sur l’autre et sur le monde. Et, c’est peut-être là une fonction mobilisatrice du clown, que ce soit en intervention ou en atelier : il nous donne l’énergie, le plaisir et l’exigence, bref la vitalité, d’être acteur sur le terrain du symbolique, en mettant en jeu nos vies et le potentiel de transformation des situations que nous rencontrons.
    Alors continuons d’investir la saga des clowns sur le terrain social, non seulement comme "semeurs de rires" mais comme ferments des valeurs de solidarité et d’émancipation.

    * Stéphane Hessel, Edgar Morin, Les Chemins de l’espérance, Fayard, 2011
    ** A ce sujet, voir aussi l’excellent n°16 de Culture clown : Les clowns, leurs cousins et les crises, 2010.
    *** Marc Guiraud, Cum-Plexus – du dévoilement de la complexité, livre à paraître.


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  • Ouverture

  • Le Clown et le changement social

    Clown, ferment ou reflet ? Ou les deux ?
    par Bertil Sylvander

    Tout le monde sent bien que la société change. Par rapport à l’après-guerre, la société actuelle peut sembler à la fois plus violente et plus créative, moins confiante dans les institutions, plus précaire, plus internationale et plus inventive, plus ouverte aux différences. Eh bien, c’est dans cette société contemporaine que s’est développé le clown du même nom1 ! Bien sûr, on peut penser que rien ne change vraiment : aux seigneurs du moyen âge ont succédé les grands patrons, eux-mêmes supplantés par la haute finance. Faut-il alors dire comme le Guépard à son neveu Tancredi : "Il faut que tout change, pour que rien ne change" ? Et pourtant, le changement social est un concept central en sciences sociales ! Pour expliquer l’évolution des rapports sociaux et des mœurs, chaque théorie avance ses hypothèses : rôle de l’innovation, des crises, des stratégies individuelles ou de groupes professionnels, de la lutte des classes, etc... Dans ce contexte, le développement du clown contemporain est-il un ferment du changement (c’est-à-dire qu’il le favoriserait) ? Ou bien en est-il plutôt un reflet (il serait le résultat des changements sociaux) ? Ou les deux ? Je me propose ici d’apporter une lecture sociologique à la question de savoir comment le clown s’inscrit dans les changements sociaux, en partant de certains traits de caractères que nous lui connaissons.
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  • 1. Clowns en intervention sociale

  • Le clown, l’enfant et le parent détenu

    "Surtout tu attends 10 minutes après l’arrivée des pères et ensuite tu fais ton entrée…"

    Interventions en prison
    Anissa BENCHELAH - (actrice-clown intervenant en prison (REP), à l’hôpital (Théodora) et en "clown et sciences" (Les Atomes crochus).

    Jour de la fête des pères. Un papa est assis sur la pelouse, sur ses jambes étendues, celles de sa fille. Il lui coupe soigneusement les ongles des pieds. La scène se déroule sur le terrain de sports entre les bâtiments de la Maison d’arrêt des hommes de Fleury Mérogis. Un geste paternel de soin à son enfant, anodin en apparence, insolite au milieu des bâtiments de la détention. Le lien est là, il est simple. Seul le décor change, et c’est ce détail qui rend la scène si émouvante. Il y a des moments comme ceux-là, où sous le nez rouge, je me sens toute chose… Lorsqu’on m’a proposé d’intervenir en prison, j’ai tout de suite accepté avec enthousiasme. J’ai senti l’anxiété beaucoup plus tard, à mesure que la date approchait. Je joue en hôpitaux pédiatriques avec l’association Théodora depuis 2008 et c’est une de mes collègues clown qui m’a recommandée auprès de l’association Relais Enfants Parents Ile de France1. J’ai fait ma première intervention en prison à la période de Noël 2008.

    Cet essai a été concluant et je me suis découverte capable de déployer mon univers intérieur entre ces murs. Ma formation au jeu de clown en hôpitaux pédiatriques m’a été utile pour jouer dans le cadre de la détention. Grâce aux partages d’expériences de mes collègues et aux briefings d’Emmanuel Gallaud responsable du REP, j’ai trouvé mes marques. Il n’existe pas à ma connaissance de formation spécifique à ces lieux d’intervention. Un élément qui m’aide, pour que l’actrice sous le nez soit libre, c’est de ne pas connaître le motif d’incarcération des détenus. Je ne connais pas à l’avance l’histoire familiale. Je découvre donc des personnes humaines au présent, sans étiquette.


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  • Le clown fait ce qu’il veut

    Salut, je m’appelle Bijou… je peux entrer ?"

    Interventions à l’hôpital
    par Adeline TAILLANDIER

    J’avais envie de chausser le nez à l’hôpital depuis longtemps, et j’ai trouvé l’association "Clown Hop" qui organise la visite de clowns au sein des services pédiatriques de l’Hôpital du Havre depuis 10 ans, soutenue essentiellement par des bénévoles qui y investissent beaucoup d’énergie. Nous sommes cinq clowns et nous intervenons tous les jeudis après-midi, toujours en duo, sur à peu près cinq heures pour rencontrer entre 25 et 30 enfants. Les clowns sont les seuls membres de l’association à être rémunérés, ce qui nous permet notamment de continuer à nous former. L’objectif du duo de clowns ? Faire péter les murs de l’hôpital ! Plus précisément, permettre aux familles et aux soignants de "sortir" de l’hôpital, un instant. Améliorer les conditions d’hospitalisation notamment pour des enfants subissant de longs séjours, alléger parfois par notre présence la douleur, mais aussi l’angoisse, permettre l’expression des émotions. Ni thérapeutes ni animateurs, nous improvisons, chambre après chambre pour chaque enfant. Nous ne faisons pas du spectacle, mais proposons une rencontre et le partage d’une bouffée d’oxygène, de poésie, de voyage…
    Adeline TAILLANDIER

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  • Réveiller les ferments de transformation

    Interventions à l’hôpital
    par Catherine VANANDRUEL

    Catherine VANANDRUEL
    L’enfant malade : "Dans mon hôpital idéal, il y a plus d’espace. Les couloirs sont plus larges et plus colorés. On peut y faire du roller et de la trottinette. Il y a beaucoup de clowns et les docteurs ont des costumes multicolores." À Bruxelles, le projet des Clowns à l’hôpital est lancé en 1995 à l’hôpital Érasme par Daniel Cap et Catherine Vanandruel. C’est en 2004 qu’ils intègrent un deuxième service pédiatrique au CHU Saint-Pierre. L’équipe était alors constituée de quatre clowns professionnels spécialisés dans ce domaine d’activité.

    Le cadre budgétaire restreint des grands centres hospitaliers semblait parfois cantonner les soignants au rôle de distributeurs de prestations. L’arrivée de clowns maladroits et imprévisibles dans ces hyper surfaces dédiées à la haute technologie est survenue en pleine crise de l’humanisation des soins. Près de vingt ans après, nous observons que la "Machine à lessiver cosmique" a mélangé le blanc des blouses avec le rouge des nez.


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  • Le clown à la rencontre du vieil âge

    Trouver la fenêtre sensorielle et émotionnelle la plus adéquate

    Interventions en établissements pour personnes âgées
    par Melissa HOLLAND, Olivier-Hugues TERREAULT, Florence VINIT

    Dans le cadre du documentaire "Le vieil âge et le rire", Fernand Dansereau a réalisé un entretien avec les trois fondateurs de Jovia au sujet de leurs interventions de clowns en Centres d’hébergement pour aînés au Québec (établissements qui correspondent aux Maisons de retraite et aux EHPAD en France).

    Jovia intervient à la fois en milieu hospitalier (sous le nom de "Dr Clown") et en résidences de personnes âgées (sous le nom de "La Belle Visite"). Ils témoignent ici de la recherche qu’ils ont menée pour adapter leurs personnages et leurs registres de jeu afin de rencontrer les personnes âgées de façon plus ouverte et plus ajustée.


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  • Du lien et un petit brin de folie

    Rencontre avec Denise STRUBEL Service Gérontologie CHU

    Interventions en établissements pour personnes âgées
    par Myriam ANDREOLETTI

    Le docteur Nadine Strubel s’occupe tout particulièrement de patients ayant la maladie d’Alzeimer, à tous les stades de la maladie. Du diagnostic jusqu’à la fin de vie ; c’est une pathologie qu’elle connaît bien. Loin du conformisme, elle a innové en proposant, depuis trois ans déjà, la venue dans son Service de la compagnie Clownes Avant Premières, compagnie fondée par Line Chalumeau qui m’a alors embarquée dans cette aventure d’intervention clown à l’hôpital.

    Ce numéro me donne l’occasion d’aller interroger ce médecin sur ce qui l’a amenée, en tant que commanditaire, à solliciter des clowns pour qu’ils interviennent auprès de patients atteints de la maladie d’Alzeimer.

    Que s’est-il passé alors et qu’est-ce que la présence des clowns dans son Service a bien pu changer ?
    That is the question !


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  • Le clown, une invitation à sortir des sentiers balisés

    Prendre le risque de l’humanité & Comment trouver de la légèreté

    Interventions en formation de travailleurs sociaux
    par Odile GRIPPON & Christian HAY

    Depuis 2008, j’interviens en clown acteur social dans la formation continue des travailleurs sociaux du secteur social, médico-social et sanitaire. Les stages intitulés "l’humour au service de l’accompagnement éducatif" sont animés par Christian Hayet dure quatre jours avec une intersession et je suis présente le dernier jour.

    Suite à la proposition de Christian de travailler ensemble , nous avons longuement échangé sur la façon dont le clown pourrait donner son point de vue sur des situations de terrain (celles-ci sont apportées par les stagiaires et mises en scène sous forme de jeux de rôle).

    Il a été rapidement convenu que Nitouche interviendrait pour apporter ce regard du clown et donner un aperçu pratique sur des éléments théoriques abordés par Christian. Il s’agit de prendre le risque de l’humanité, du jeu et de l’engagement de la personne, d’accepter de ne pas savoir, pour transformer une situation de blocage professionnel, et ouvrir principalement sur des savoir-être nouveaux. A ce jour, nous avons plus de 40 stages à notre actif !


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  • 2. Ateliers clown tous-terrains

  • Clownenroute, un carrefour de rencontres

    Le dispositif Clownenroute. Changer le regard sur l’autre par l’équipe de Clownenroute
    De l’inattendu dans leur parcours de vie Interview de Guilhem JULIEN
    Activateurs de transformation Le point de vue des partenaires

    Avec des personnes en situation de handicap mental
    Dossier réalisé par Jean-Bernard BONANGE et Béatrice FORET

    Voici 14 ans que l’association Clownenroute, implantée dans le Lot et Garonne, fait bouger le "milieu social" et fait ses preuves dans l’animation d’ateliers de clown-théâtre. Son originalité ? Réunir dans un même atelier des personnes en situation de handicap mental venant d’institutions spécialisées ("les acteurs-clowns intérieurs") et des personnes venant du milieu dit "ouvert", militants, bénévoles ou salariés de Clownenroute ("les acteurs-clowns extérieurs"). Progressivement les animations se sont enrichies de rencontres organisées entre ces ateliers et des groupes de scolaires, d’éducateurs en formation, d’immigrés, etc. Avec son directeur-fondateur charismatique et fonceur (Guilhem Julien1), son équipe de militants accros, ses salariés motivés et ses "jeunes" explorateurs en herbe du social (stagiaires, services civiques, emplois aidés), ainsi qu’avec ses partenaires institutionnels et sa centaine de membres du milieu "protégé" ou "ouvert", Clownenroute apparait comme une expérience innovante, mobilisante, décoiffante, dont notre revue s’était déjà fait l’écho en 2002 et qui suscite un bel intérêt au plan national et international ! Leurs témoignages s’imposaient dans ce numéro.

    De l’inattendu dans leurs parcours de vie
    Interview de Guilhem JULIEN (fondateur de Clownenroute)

    Il s’avère que, quand ils débarquent quelque part, les "clowns intérieurs" ont le nez autour du cou, ils en sont fiers. Le nez, c’est eux qui le font vivre, par leur respiration, dans l’improvisation. Par exemple dans une classe, les enfants voient débarquer ces gens qui sont étranges mais avec un nez autour du cou, ce nez parle à ces enfants. Ça, c’est aidant ! Ces gens arrivent, ils titubent, ils parlent mal… mais ils portent quelque chose que les enfants pourraient avoir envie de porter. C’est bien ce nez porté autour du cou qui va rassurer les enfants ou les ados, pour tenter d’aller voir qui est cette personne qui le porte. Tous ont donc quelque chose en commun. Le clown est un terrain nouveau qui permet d’aller vers cette nouveauté qui est la personne différente

    Activateurs de transformation
    Le point de vue des partenaires de Clownenroute

    Sac et Prunelle

    En juin 2013, Clownenroute et Culture clown ont organisé deux Tables rondes publiques réunissant des partenaires institutionnels de Clownenroute au siège de l’association. Nous leur avons demandé en quoi le dispositif Clownenroute a pu faire bouger les personnes, les relations, les groupes et les institutions. Nous publions ici des extraits de leurs réponses. Guilhem Julien a accueilli les participants en ces termes : "Bienvenue dans l’antre de Clownenroute... Ce sont des gueules cassées, de beaux personnages, notamment les "clowns intérieurs", qui font vivre Clownenroute ! Aller au fond de ces gens, c’est savoir ce qu’ils peuvent apporter, nourrir, enrichir et peut-être s’apporter à eux-mêmes". Et en effet, les partenaires en témoignent : quand les acteurs-clowns résidents d’institutions spécialisées vont rencontrer d’autres "acteurs-clowns en herbe", les uns et les autres traversent "à gai" les cloisonnements sociaux, tels des passeurs d’humanité.


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  • Une herbe discrète dans le mur de l’institution

    par Myriam ANDREOLETTI

    Atelier en hôpital de jour

    "Deviens ce changement que tu veux pour le monde" disait Gandhi. Belle entrée en matière pour aborder le thème de ce numéro - "le ferment" - avec deux infirmières psychiatriques participant à l’atelier clown-théâtre hebdomadaire que j’anime depuis 8 ans au sein de l’Unité de jour de leur institution ! Effectivement, se pose la question du lien entre la transformation personnelle et la transformation sociale. Si je change moi-même, le monde changera-t-il ? En tout cas, "mon petit monde" autour de moi sera-t-il touché, changé ? Sans prétention ni gloriole, revenons modestement à la graine, à l’herbe dans le mur. Dans mon champ… de vision (!) et de pratique clownesque, je retrouve, au sein de !’atelier clown-théâtre, des patients qui y viennent sur prescription médicale du médecin psychiatre de l’hôpital. Avec eux, deux infirmières : Martine et Brigitte. Le fait qu’elles s’impliquent avec autant de conviction m’a donné envie de les questionner sur l’impact de l’atelier dans leur institution, dans leur équipe, auprès des patients.
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  • Le clown, un ferment à notre insu

    par Marie-Claude THEODAS

    Atelier en action d’insertion

    Notre atelier théâtral ("Graines d’humour") a la particularité de rassembler des personnes bénéficiant des minima sociaux1 mais aussi quelques bénévoles (et parfois des enfants). Il fonctionne sur un rythme hebdomadaire et parfois les week-ends selon les projets. La ligne-force est de favoriser la créativité de chacun dans un cadre confiant, empreint de respect et de non jugement. L’atelier est reconnu comme troupe de théâtre amateur. Ainsi, entre 12 et 18 personnes deviennent comédiens le temps d’une répétition, d’un spectacle. Et puis, de temps en temps, une pratique du clown est proposée au groupe. Quand j’annonce l’organisation d’un WE clown, en règle générale, rapidement les yeux pétillent, les sourires s’allument. Signes que je pourrais traduire par "chic on va passer un bon week end !". Il y a dans l’air un je ne sais quoi de printanier, d’insouciance, de quasi instantané, voire instinctif. Cela m’interroge car, lorsque nous travaillons sur un plan théâtral, l’ambiance est studieuse, joyeuse, chaleureuse, les comédiens ponctuels, présents, dynamiques. Mais que se passe-t-il donc de différent et où va-t-il nous chercher ce compagnon au nez rouge ? J’ai donc interrogé les participants autour d’un verre… Ce temps d’arrêt sur notre pratique de l’art clownesque nous a permis d’affirmer que le clown est un passeur, un moteur, un stimulateur, un révélateur de nos forces et fragilités, bref un prestidigitateur !
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  • Une médiation vivante pour naître à soi

    Clown-théâtre et troubles du comportement

    Atelier en ITEP pro
    par Hervé LUNEL et Thibault VERGER

    Un atelier de clown-théâtre a été proposé à des jeunes d’un ITEP Pro. Ils sont souvent doués d’humour et parviennent régulièrement à faire preuve de décalage face à ce qu’ils perçoivent de leur environnement quotidien. Cela nous a amenés à penser que cette médiation pourrait s’offrir comme un outil thérapeutique intéressant pour travailler avec eux. Cet écrit vise à faire partager notre expérience, une manière pour nous de repérer les points fondamentaux qui jalonnent notre pratique. Le cadre de l’atelier Les séances durent 1h30 et ont lieu dans une salle située en dehors de l’ITEP Pro. Sont présents trois à cinq jeunes, encadrés par les deux professionnels. Les insultes et la violence sont interdites. L’orientation dans l’atelier est faite par l’équipe thérapeutique, avec un temps d’essai pour le jeune afin qu’il puisse trouver une accroche avec cet atelier avant de s’y engager, qu’il puisse adhérer à son principe. Il n’y a pas d’exigence de production de notre part, nous ne travaillons pas dans l’optique de réaliser un spectacle et nous n’attendons pas non plus d’eux qu’ils travaillent leurs compétences d’acteur. D’une manière générale, les séances comprennent trois temps de travail : une phase d’éveil, une phase de mise en jeu, puis des improvisations.

    Ces dernières ont lieu sur une scène délimitée entre deux paravents qui offrent ainsi des sortes de coulisses de chaque côté. Les thèmes et propositions en sont variées et dépendent du groupe et de son avancée : les premières fois, il s’agit avant tout de passages sur scène, d’exploration du temps et de l’espace de jeu. Petit à petit, les improvisations deviennent plus contraignantes, avec des consignes particulière (amplification, accélération/décélération, utilisation d’objets) et des thèmes prédéfinis (ex : vente d’un porte manteau, l’enjeu étant l’argumentation et la contre-argumentation ).


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